La couleur des leurres selon Peter De Kock

  • peter de kock

Je connais Peter De Kock depuis une dizaine d’années et en ce mois de mars 2019 c’est la troisième fois que j’ai l’occasion de pêcher avec lui et de bénéficier de sa science ou plutôt de sa philosophie.

Il gère aujourd’hui le magasin bien connu Hengelsport De Kock à Testelt , est le co-fondateur de la marque de leurres @rt – Baits avec Kris Brems et il dirige en association avec Roel Reynders la société Luciox en Belgique. Il est reconnu par ses pairs comme l’un des meilleurs traqueurs de carnassiers d’Europe . Pierre Sempé, pour lequel il a créé la légendaire DK River, le qualifie même de « Référence Européenne de la pêche aux carnassiers» . Il est également concepteur de la gamme de cannes « Fishkix »… Et j’en passe.

Démystifier le personnage

Quand on part pêcher avec Peter, on pourrait s’imaginer qu’il va sortir une panoplie de techniques révolutionnaires à vous couper le souffle. Une fois au bord de l’eau, l’étonnement est vite au rendez-vous.

L’homme voyage plutôt léger : Une boite de leurres ,quelques têtes plombées et …C’est tout !

Mais alors , me direz-vous, qu’est ce qui fait de lui un pêcheur d’exception ? Examinons ça d’un peu plus près.

  • fabrice bronsart

Une stratégie simple et efficace

Ne rien prévoir à l’avance et s’adapter !

Son matériel (en plus des boites de leurres et de têtes plombées) se compose ,ce jour-là ,de 3 cannes de différentes puissances, de 3 moulinets garnis de tresses de différents diamètres (0,10 ; 015 et 0,20) et de bobines supplémentaires avec des tresses de couleurs différentes.

Rien n’est monté à l‘avance et au cours de notre session de pêche et en fonction des conditions rencontrées les moulins passeront d’une canne à l’autre sans distinction.

Un seul objectif en tête : « tenir » ! Le plus longtemps possible décollé du fond et surtout sur place.

Etre au bon endroit au bon moment

Si vous voulez prendre du poisson, il faut pêcher là où il y en a ! Quoi de plus évident me direz-vous ? Et pourtant ils sont encore nombreux ceux qui pensent trouver l’Eldorado aux Pays-Bas et qui reviennent bredouille.

En fonction des périodes de l’année le poisson bouge et cherche le confort du moment. Un poste qui a donné tout l’automne semblera peut-être vide en hiver. Dans la même journée, un poste qui n’a rien donné à 10h sera peut-être porteur en fin de journée.

Etre au bon endroit c’est aussi pêcher DU bon endroit. Peter est capable de se déplacer 10 fois, de changer de tresses et de leurres autant de fois pour pêcher correctement 10 minutes. Ce que j’ai appris à mes dépends c’est que ces 10 minutes sont précieuses et que dans mon dos , sur presque chaque poste prospecté, la tresse a fini par claquer et le carbone par plier. Régulièrement nous sommes revenu sur les postes prospectés sans résultats quelques heures auparavant pour finalement faire sortir le carnassier de son trou.

Le bon endroit c’est aussi pêcher un endroit que l’on connait bien et que l’on comprend. Peter estime qu’il faut entre deux et quatre ans pour bien connaitre un spot.

  • peter de kock

La forme du leurre et le poids de la tête plombée

La plupart des pêcheurs sont conscients que la vibration du leurre est essentielle pour une partie de pêche réussie , mais Peter va plus loin. Une fois bien positionné , Peter cherche la combinaison idéale Forme du leurre / poids de la tête plombée toujours dans le même objectif : « Tenir !» . La forme du leurre inclut la vibration (grand ou petit paddle, fin’s, tail,…) , certes, mais également la hauteur du leurre et la largeur du dos qui freinera plus ou moins fort le leurre en fonction des conditions rencontrées.

Le sens du détail et de la simplicité

En 2 jours de pêche, nous avons enregistré 13 touches, 8 poissons seulement seront mis au sec. Je serai le seul auteur des « ratés »  . Au bout du 2e jour , Peter posera sa canne pour m’observer. C’est avec un grand soulagement que j’entendrai sa voix résonner sur l’eau dans un élan d’enthousiasme absolu pour me dire: « j’ai trouvé !» .

Habitué des rivières à grands gabarits, j’ai pris l’habitude de caster très loin et de tendre ma tresse , tête de canne en bas, pour la descente du leurre jusqu’au fond . Oui, mais, l’endroit que nous pêchons s’il n’est pas réputé pour sa population importante de carnassiers , l’est par contre pour la taille de ses spécimens.

La sandre aspire ses proies et Peter m’explique qu’un gros sandre a besoin de 25 à 30 cm pour déplacer le leurre jusque dans sa gueule. Hors, ce jour-là, le poisson est collé à la berge et attaque sur la première tirée. La tresse n’a donc pas le temps de se détendre pour laisser la place nécessaire au « gobage de mon leurre ». Il me conseille alors de changer ma façon de faire : Lancer , garder la tête de la canne en hauteur et laisser le moulinet ouvert quelques secondes pour laisser un léger « mou » dans la tresse. Le résultat ne se fera pas attendre . Premier lancer et sbam ! Sandre de 90 cm pendu sur la tresse.

Nos montages sont également très simples . Pas de câbles (même si je m’y essaierait un moment et même si la population de gros brochet et impressionnante) , pas d’agrafe . Un morceau de fluoro de 0,70 de 15 cm (pas plus pour ne pas brider la nage du leurre) raccordé directement sur un fluoro de 0,35 lui-même connecté en direct sur la tresse et c’est tout ! Les leurres seront attachés au fluoro de 0,70 par un nœud qui se fait et défait toute la journée sans aucun problème.

  • peter de kock

La couleur du leurre

Vous l’aurez sans doute compris, le titre accrocheur n’était qu’un leurre (houps ! on est pêcheur ou on ne l’est pas ). L’importance de la couleur est devenue une obsession pour certains pêcheurs mais tous les paragraphes qui précèdent celui-ci sont biens plus capitaux et importants que la couleur. Sans prétention aucune, le but de cet article est de vous faire voir la pêche du carnassier sous un autre angle et pourquoi pas vous aider à augmenter vos prises. Nous savons tous que la couleur des leurres est un détail qui répond à de grandes règles en fonction des conditions rencontrées (turbidité de l’eau , lumière, couleurs de l’eau , du fond,..) et vous trouverez une grande quantité d’informations plus justes les unes que les autres sur le sujet sur le web et dans la presse spécialisée.

Conclusion

L’objectif est de « tenir » ( permettre au leurre de rester pendu à quelques centimètres au-dessus du fond le plus longtemps possible et le plus « sur place » possible) pour ce faire être au bon endroit ,et que ce soit d’une embarcation ou du bord, déplacez-vous pour chercher le bon angle qui vous permettra de faire ça. Cherchez également la bonne combinaison leurre/ poids de tête plombée

Soyez-là au bon moment, de la journée et de l’année. Explorez votre spot pour le connaître comme le fond de votre poche. Variez les périodes de pêche sur les mêmes endroits.

Pêchez simple et soyez soucieux du détail. Variez les vibrations mais également les formes des leurres qui composent vos boites.

Pour moi la remise en cause est évidente. Ce qui l’est moins c’est la mise en pratique. Voilà une semaine que je teste ces nouveaux apprentissages et il me faudra encore « tenir », mais cette fois ce sera pour éviter que les anciennes habitudes ne reprennent le dessus .

Bonne pêche

Peter De Kock
Fabrice Bronsart

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